Dans son autre vie, Anne de Villeméjane a fréquenté une école de commerce. Elle fut notamment directrice marketing de la marque Bourjois, au sein du groupe Chanel. A 35 ans, en 1999, lorsque son mari s’installe à Boston, elle s’en va avec lui. La reconversion lui semble plus facile aux Etats-Unis. Elle prend des cours de soudure, de fonderie, acquiert le bagage technique suffisant pour donner vie à son œuvre. En 2000, elle expose son travail lors de la New York Art Expo. Les trois travaux qu’elle présente à ce moment-là, des taureaux réalisées sur toile de jute, sont vendues. Lorenzo Cascio, peintre et sculpteur italien, remarque son travail et lui conseille de s’orienter vers la sculpture. C’est lui qui moulera sa première réalisation, à Gênes, dans son atelier.

Tout mon travail a toujours été basé sur les matériaux de récupération“. Bronze, ciment, métal, céramique, dans son atelier, où elle travaille seule, Anne de Villeméjane ne se prive de rien pour façonner les visages et les corps qui ont fait sa réputation dans plusieurs coins du monde (Boston, New York, Palm Beach, Koweït). Lorsqu’on lui demande de parler de son travail, certains mots surgissent : “Fragilité, émotion, intensité, texture“. D’autres reviennent, inlassablement : “Littéral, mon travail n’est pas complètement littéral“. Les jambes interminables de ses sculptures désobéissent légèrement à la réalité. Souvent méditatifs, mélancoliques, ses visages poussent à l’introspection.

Si elle n’aime pas parler de son ancien “travail”, Anne de Villeméjane sait en revanche ce qu’elle lui doit. “Mon boulot, le marketing, m’a appris à regarder autour de moi. C’est bête à dire mais il y a pleins de gens qui ne voient pas. Mon inspiration, je la puise au quotidien, dans tout ce qui m’entoure. Un mot, un mouvement social. En ce moment, le mouvement social Occupy Wall Street m’inspire beaucoup par exemple“.

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